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Et si le cinéma c'était de la musique pour les yeux ?




Et si le cinéma c'était de la musique pour les yeux ?



C'est avec cette métaphore

qu'Emmanuelle Jay ouvre un

chapitre sur le rythme dans

son livre "Le Montage" dans la

collection Focus Cinéma aux

éditions Armand Colin,

que j'ai eu le plaisir de découvrir

entre deux randonnées

estivales

dans le massif central.






Voici comment je perçois le rythme quand je suis au montage.


Quand je monte, je suis habitée par les plans d'une façon intérieure, je ressens le plan, je ressens le mouvement à l'intérieur du plan, son flux, son rythme. Je cherche le plus bel instant, celui qui justifie l'existence même du plan. Quand


je le trouve, j'évalue où commencer le plan, le meilleur moment pour sublimer cet instant, je le marque puis je

compte à l'intérieur de moi, mentalement, un, deux, trois, quatre; un, deux, trois, quatre et j'accompagne le plan, jusqu'à ce que le flux s'émousse, juste avant, et je coupe pour marquer la fin du plan. Le flux est à la fois sens et mouvement. Le plan raconte et je vais ainsi, de plans en plans, unir ces instants les uns avec les autres, fluidité, arabesque, rupture, entrechat, le ballet se dessine ; modérato, syncopes et poussée en crecendo, il sonne bien. Chaque séquence est ainsi chorégraphiée et simultanément orchestrée, fusion de l'image et du son, de l'espace et du temps, pour faire exister un personnage, une situation, une idée, une sensation, un moment, célébration de la vie et du mouvement.


J'aime aussi cette citation de Jean-Luc Godard qui dit que le montage est un battement de coeur. A la fois pulsations, signe de vie et sentiments, les battement s'accélèrent avec les émotions qui nous traversent. Moi aussi, je passe par tous ces états,

je vibre à l'intérieur, je joue de tous les instruments, je danse et je ressens.


Oups, Il est déjà tard, le temps m'a échappé ! J'arrête pour aujourd'hui, Je laisse mon clavier, mon pinceau, mon archet, mes claquettes et ma souris, mes idées.

Demain je serais spectatrice de ce spectacle encore inachevé avant de le reprendre, de monter, démonter et remonter jusqu'à ce que tout soit parfait. Instants d'éveil et de beauté.


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